Florilège de Douais


Titre long
Florilegium Duacense secunda versio

Volume de 214 feuillets de parchemin, inscrits sur deux colonnes de 59 lignes d'une réglure tracée à l'encre. Littera textualis régulière mais plusieurs mains.

CONTENU
Il s'agit d'un des huit exemplaires actuellement recensés de la seconde version du florilège de Douai (Nom donné d'après le manuscrit de Douai, ms. 285, étudié par Ph. Delhaye en 1958).
Il s'agit d'un florilège à sections d'auteurs, composé dans la seconde moitié du XIIe siècle à l'abbaye de Clairvaux.
Il est organisé en quatre parties : les œuvres augustiniennes, la littérature patristique sur chacun des livres bibliques, la littérature patristique hors commentaires bibliques, et quelques poètes chrétiens et auteurs classiques.
Il est complété un peu plus tard par le Liber deflorationum (dont nous conservons un exemplaire : ms. 86), constitué d'un florilège d'auteurs des XIe et XIIe siècles.

Organisation sommaire :
I. Livres de l'Ancien Testament (28)
II. du Nouveau (8)
III. d’Augustin (210)
IV. des autres pères (50, dont 24 d’Ambroise et le reste de Jérôme, Cyprien, Origène, Clément l'historien, Jean Chrysostome, Ysidore, Fulgence, Basile, Hilaire, Grégoire le Grand, Cassien, Smaragde, Grégoire de Nazianze, Didime et Prosper.
V. Auteurs classiques et des philosophes, 39 :
- Cato : « Plus vigila semper, ne somno deditus esto. »
- Sententie Prosperi : « Innocentia vera est que nec sibi, nec alteris nocet. »
- Defloratio autorum : « Ingenio stimulos subdere fama solet. »
- Versus Sedulii (6), Maximiani, Sycomachiæ, Prudentii.
- Flores Boetii de consolatione ; de Sancta Trinitate. De Fide christiana.
- Defloratio Sallustii.
- Terentii.
- Defloratio Tullii de Amicitia.
- Sententiæ diversorum philosophorum collectæ.
- Septem sapientium, septenis versibus explicatæ.
- Lucii Annei Senecæ de beneficiis (extrait des 7 livres).
- Defloratio epistolarum Senecæ ad Lucilium.
- Seneca, de Clementia ad Neronem.
- De Naturalibus causis.
- Hildebertus, De Honesto et utili.
- De Moribus, de Remediis fortuitorum, de Paupertate.
- Epistolæ Senecæ ad Paulum et invicem.
- Defloratio philosophiæ magistri Guillelmi : « Verba non faciunt hereticum, sed defensio. »
- Lucii Annei Senecæ de Quatuor virtutibus.
- Hildebertus, De Quatuor virtutibus honestæ vitæ.
- Proverbia Senecæ.
- Versus domini Hildeberti Cenomanensis episcopi de concordia Veteris et Novi Testamenti. Finitur liber, etc.
- Pierre Pictor, Prologus super versus de Sacramentis.
- Hildebertus, De Sacrificio altaris, et trois pièces d'Hildebert :
- Hildebertus, De partibus corporis Domini ; quod Baptismus et sacrificium novum veteri concordat ; De conjugio.
- Incipit vita sanctæ Mariæ Egyptiacæ a domino Hildeberto descripta.
- Versus Hildeberti de exilio suo.
- De operibus sex dierum.
- Versus morales de contemptu mundi et vita monachorum : « Quid deceat monachum, vel qualis debeat esse. »
- Epistola pro custodia Virginitatis.
- Pauperis mundo renuntiantis.
- Cujusdam contra gulam, luxuriam, avaritiam

DÉCOR
Le décor est constitué de nombreuses lettres de même module, ornées, parfois figurées et habitées, qui marquent le début de chaque extrait. Ainsi que des lettres simples de couleurs, alternativement vertes, rouges et bleues pour les divisions secondaires.

Le style de ce décor pointe vers la première décennie du XIIIe siècle. S'y côtoient en effet :
- Des lettres figurées par des serpents encore très romanes (f. 1, f. 52v.).
- Des initiales à proto-filigranes (f. 105v.) qui apparaissent dans les années 1160-1180 et perdurent jusqu'au premier quart du XIIIe siècle, et que l'on retrouve dans de nombreux manuscrits audomarois (voir ms. 33).
- Des initiales filigranées à proprement parler, dans un style qui se développe à Paris au milieu du XIIe siècle et se diffuse en province durant les décennies suivantes.
- La présence de lettres habitées pointe plus particulièrement vers les années 1200-1215, car c'est une caractéristique que l'on observe dans les scriptoria Parisiens vers 1180-1200 et qui se diffuse là encore un peu plus tardivement en province.

ICONOGRAPHIE
Les figures qui habitent les panses de certaines lettres appartiennent au répertoire des grotesques qui vont progressivement migrer des lettres vers les marges à l'époque Gothique. La répétition à peine nuancée de variantes souligne ici leur caractère purement ornemental, et probablement l'usage d'un carnet de modèles.
Parmi les motifs employés ici on trouve notamment :
- des sirènes-oiseaux (f. 28v., 30,)
- l'âne à la lyre (f. 35v., 51v.)
- un joueur de vielle (f. 49, 50v.)
- des vieillards dans diverses postures : se tenant la barbe, buvant, marchant avec une béquille, tenant un phylactère
- des animaux : serpents, lions, oiseaux

PROVENANCE
L'ex-libris de Clairmarais est répété deux fois.
Ce manuscrit a fort bien pu être copié à Clairmarais même, mais le fait que les seules copies aujourd'hui connues dans le monde cistercien proviennent de Clairvaux (Troyes, BM, mss 215 et 437), abbaye mère de Clairmarais, permet de supposer une copie claravalienne envoyée ensuite à Clairmarais.

RELIURE
Pastiche de restauration début du XXe siècle.

BIBLIOGRAPHIE

_Falmagne, Thomas, Les Cisterciens et les nouvelles formes d'organisation des florilèges aux 12e et 13e siècles, Union Académique Internationale, Bruxelles, 1997, p. 166. (1ere publication : Archivum Latinitatis medii aevi, 46/47, 1986/87 (1988), p. 73-172).

Cote / N° Inv.
Ms. 008
Provenance
Abbaye de Notre-Dame (Clairmarais)
Cote ancienne
63 ? (Clairmarais - Delaplanne)
Période
13e siècle
Date de début
1200
Date de fin
1215
Type
Manuscrit
Type de document
Manuscrit
Enluminure
Ex-libris
Collection
Manuscrits > Abbaye de Notre-Dame (Clairmarais)
Lieu de conservation
Bibliothèque de l’Agglomération du Pays de Saint-Omer
Droits
Domaine public

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