Recueil


Titre_latin
Boetius, Utrum Pater et Filius ac Spiritus-Sanctus de divinitate substantialiter praedicentur.
Boetius, Brevis christianae fidei complexio.
Boetius, De naturae et persona Christi, contra Eutychen.
Boetius, De Trinitate
Augustinus hipponensis, De sancta Trinitate

Volume de 153 feuillets de parchemin, inscrits sur deux colonnes de 36 lignes tracées à la mine de plomb jusqu'au f. 136, puis à longues lignes sur 30 lignes tracées aussi à la mine de plomb. L'écriture, une belle onciale régulière à empattements pourrait être d'une seule main.

CONTENU
_1° (f. 1-135v) : Augustin d'Hippone, De la Trinité.
_2° (f. 136-139v.) : Boèce (?), De la Trinité.
_3° (f. 140-142.) : Boèce (?), Utrum Pater et Filius ac Spiritus-Sanctus de divinitate substantialiter praedicentur.
_4° (f. 142v-142.) : Boèce (?), De la foi Chrétienne.
_5° : (f. 145-153) : Boèce (?), De la Nature du Christ, contre Nestorius et Eutychus.

DÉCOR
Le décor de ce manuscrit est principalement constitué de lettres ornées, figurées, habitées et historiées.

Ce manuscrit est un de ceux attribués au Maître du Zacharie le Chrysopolitain, dont le style se retrouve dans plusieurs autres manuscrits de Saint-Bertin (St-Omer, BASO, mss 12-2, 30, 51, 77, 78, 95, 220 et Boulogne-sur-Mer, BM, mss 36 et 70).
Il a également probablement influencé un certain nombre de suiveurs, dont on trouve la main dans des manuscrits de Saint-Bertin et de Notre-Dame de Clairmarais (mss 3, 114, 213 et 716-8).

Son style très graphique témoigne d'une triple influence : l'art mosan, l'enluminure ottonienne et son goût pour le hiératisme byzantinisant, et aussi, bien que dans une moindre mesure, le Channel style.
La majorité de sa production est uniquement dessinée à l'encre, sans ajout de couleur, et plusieurs éléments ornementaux font écho au vocabulaire ornemental de l'orfèvrerie. Ces constats ont amené les chercheurs à émettre l'hypothèse que cet artiste était à la fois enlumineur et orfèvre.
Il montre également un goût prononcé pour le rendu naturaliste des corps dont il aime à souligner la musculature au moyen de petites touches de plume.
Son art annonce la transition importante que l'on observe au tournant des XIIe et XIIIe siècles et que l'on a l’habitude d'appeler le "style 1200".

Les autres lettres ornées sont peintes dans le style aux protofiligranes, que l'on retrouve dans de nombreux manuscrits audomarois (voir ms. 33).

ICONOGRAPHIE
L'initiale H historiée du f. 45 ouvre le cinquième livre du traité et témoigne de l'importance que l'on donnait alors aux réfutations des thèses hérétiques puisque c'est précisément le sujet de cette partie du traité d'Augustin.
Sur le registre supérieur on voit un ange debout qui semble faire un geste d’accueil ou d’envoi à destination d'un personnage nimbé qui lui fait face en tenant un phylactère dans sa main droite voilée et lève l'index gauche en signe de commandement.
Entre ces deux personnages, l'Esprit Saint sous la forme d'une colombe portant le nimbe crucifère, descend vers le registre inférieur.
Là, deux autres personnages nimbés conversent, assis de part et d'autre d'une colonne. Celui de gauche tient la colonne centrale de la main gauche et de l'indexe droit il désigne un passage dans un livre qu'il tient ouvert en signe d'argumentation, l'autre faisant un geste d'enseignement de la main droite et de sa main gauche il tient un livre fermé posé sur sa cuisse.
L'iconographie du registre inférieur associé à la colombe de l'Esprit est probablement à rapprocher des premières présentations de la Trinité du Psautier (cf. notre manuscrit 245).
La scène du registre supérieur est pour sa part plus difficile à identifier. Il est possible qu'il s'agisse d'une illustration de la procession de l'Esprit Saint de Dieu qui reçoit l'envoie sous une forme anthropomorphe avant de prendre sa forme de colombe.

Le répertoire ornemental de ce maître développe dans ses lettres figurées et habitées est principalement cinq thèmes iconographiques :
- Les serpents de différents types (f. 51, 136) et souvent figurés en train de s’entre-dévorer.
- Les figures humaines nues et combattant des serpents ou d'autres animaux (f. 33).
- Les centaures et les sirènes
- Les oiseaux (f. 75)
- Des animaux parodiant les hommes (f. 81).
C'est un répertoire encore très roman et monastique, qui allégorise le combat contre les vertus, mais qui annonce aussi le développement des marginalia à l’époque gothique, quand ces figures "migreront" des lettres vers les marges.
On retrouve nombre de ces motifs dans les manuscrits du Channel style produits pour Saint-Bertin et Clairmarais, vraisemblablement à Saint-Bertin (mss manuscrit 698.94, 182 et 193).

PROVENANCE
Abbaye de Saint-Bertin, ex-libris sur le premier feuillet.

RELIURE
Cartonnage couvert d'un veau brun, refait au XVIe siècle, dos à 5 nerfs caissons ornés d'un fleuron, titre et lettre M pour manuscrit, estampés à chaud, tranche sommairement jaspée.

BIBLIOGRAPHIE

_L’art du Moyen Âge en Artois, (cat. expo), Arras, 1951, cat. 25, p. 51.

Cote
Ms. 073
Groupe
Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer)
Period
12e siècle
Date_beginning_txt
1175
Date_end_txt
1195
Type
Manuscrit
Catégories
Manuscrit
Enluminure
Collection
Manuscrits > Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer)
Source
Bibliothèque de l’Agglomération du Pays de Saint-Omer
Droits
Domaine public

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