Recueil


Titre latin
Petri Lombardi liber Sententiarum
Stephanus Tornacencis Summa

Volume de 2 + 277 + 2 feuillets de parchemin, inscrits sur deux colonnes de 37 lignes d'une réglure à la mine de plomb des feuillets 1 à 17v., de 36 lignes pour les feuillets 18 à 20v., puis à longues lignes sur 35 lignes du f. 21 à la fin, sauf f. 63v-67 où l'on repasse à deux colonnes. Il est copié dans une textualis régulière mais dont la variation de module et les changements d'encre suggère une copie à plusieurs mains.

CONTENU
-Le manuscrit s'ouvre sur une copie partielle de la Somme sur le Décret de Gratien d'Étienne de Tournai (1128-1203). Le traité est fragmentaire, il manque le premier feuillet et donc le début du prologue, et il s'arrête à la 32e distinction, au niveau de : "nec agentibus necsuscipientibus obest,cum nihil fecerint. Quidam dicunt,hanc oppositionem..."

Mais la plus grosse partie du manuscrit contient les Sentences de Pierre Lombard (v. 1100 - 1160). Ce dernier est considéré comme le fondateur de la théologie scolastique. Ses Sentences, composées vers 1155-1158, consistent en une reprise didactique du contenu de son enseignement à l'école des cloîtres de Notre-Dame de Paris.
Il s'agit d'une somme des connaissances théologiques de son temps organisées selon un ordre logique pour former un exposé doctrinal complet :
- Livre I : la Divinité
- Livre II : la Création
- Livre III : l'Incarnation et la Rédemption
- Livre IV : les sept sacrements et des fins dernières.
Son œuvre deviendra par la suite l'un des textes de base de l'enseignement scolastique, et jusqu'au XVIe siècle le commentaire des Sentences est la base de l’examen du Magister en théologie.

DÉCOR
Ce volume est d'une initiale C historiée au f. 18, d'une initiale V ornée sur fond d'or au f. 21, puis d'initiales filigranées en nombre, qui marquent les principales divisions du texte. Elles sont appuyées par les rubriques, et le début des phrases est signalé par des lettres rehaussées. Certaines rubriques sont prolongées par des bouts de lignes.
Le premier feuillet, manquant à ce jour, devait très certainement comporter lui aussi une lettre ornée, voir historiée.
Le caractère encore très sommaire des filigranes, de même que le style des deux lettres ornées du volume suggère une datation plus haute que celle actuellement proposée par le Catalogue général des Manuscrits, vers le derniers tiers du XIIe siècle (1160-1190).
La lettre historiée du f. 18 montre notamment un goût encore "roman" pour les entrelacs géométriques, et un traitement très géométrique des drapés qui restent encore enveloppants et ne fait que suggérer le corps des personnages.

ICONOGRAPHIE
La lettre historiée qui ouvre le prologue des Sentences nous montre un personnage barbu et nimbé, tenant un un rouleau déroulé de la main gauche et désignant son interlocuteur de la main droite l'index tendu. Face à lui se trouve un autre personnage barbu, auréolé d'un nimbe crucifère, ce qui le désigne comme le Christ. Il tient un livre de sa main gauche, posé sur son genou gauche, et de la main droite il tend un rouleau fermé au personnage assis face à lui. Le Christ trône dans une mandorle en huit.
La composition est rythmée par un jeu d’alternance colorée : bleu, blanc (incolore) et rouge. Ce sont les couleurs les plus couratntes des manuscrits médiévaux.
L'identification du personnage nimbé face au Christ est plus délicate. Il ne peut s’agir de l'auteur du texte puisque Pierre Lombard n'a jamais été canonisé. Il s'agit plus vraisemblablement d'Augustin d'Hippone, sur une citation duquel s'ouvre le premier chapitre de Sentences : "Tout enseignement concerne des choses ou des signes. Considérant, pour notre part, mainte et mainte fois d'une diligente recherche le contenu de l'ancienne et de la nouvelle loi ... Comme le dit en effet l'éminent docteur Augustin dans le livre de la doctrine chrétienne, tout enseignement concerne ou des choses ou des signes". L'évocation de l'Ancienne et de la Nouvelle loi se trouve en effet dans la miniature, à travers le rouleau, qui représente souvent l'Ancienne Loi (ou la parole orale), et le codex du Christ : la nouvelle loi. La lettre historiée nous montre donc probablement saint Augustin recevant de Dieu les significations de son enseignement à travers les deux Testaments.
La Lettre V ornée du f. est simplement habitée par deux serpents et deux oiseaux qui animent les rinceaux. Elle est mise en valeur par un fond d'or.

PROVENANCE
Ce manuscrit porte deux anciennes cotes de Saint-Bertin sur son premier feuillet et sa reliure est frappée aux armes de l'abbé Benoît de Béthune des Plancques (1677-1705).

RELIURE
Reliure du XVIIIe siècle, cartonnage couvert de veau brun, armes de Benoit de Béthune poussées à l'or au centre de chaque plat, dos à 5 nerfs, caissons fleuronnées, lettre "M" et titre doré : “LIBRI.SEN PETRI:LOMB”. 2x2 gardes de papier moderne, tranches jaspées. Les claies de parchemin comprennent un fragments du XIIe siècle noté au verso d'une main du XIVe.

Auteur
Pierre Lombard (1100-1160)
Etienne de Tournai (1128-1203)
Cote / N° Inv.
Ms. 286
Provenance
Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer)
Cote ancienne
309 (Saint-Bertin)
Période
12e siècle
Date
1160
Date de fin
1195
Type
Manuscrit
Type de document
Manuscrit
Ex-libris
Reliure Armoriée
Collection
Manuscrits
Manuscrits > Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer)
Lieu de conservation
Bibliothèque de l’Agglomération du Pays de Saint-Omer
Droits
Numérisé par l’IRHT et financé par l’Équipex BIBLISSIMA - observatoire du patrimoine écrit du Moyen Âge et de la Renaissance

Permalien
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