Aurore


Titre latin
Aurora

Volume de 219 feuillets de parchemin, inscrits à longues lignes sur 41 lignes d'une réglure à la mine de plomb. L'écriture est une textualis régulière, possiblement d'une seule main.

CONTENU
Il s'agit d'une copie du fameux poème sur la bible de Pierre Riga. Ce dernier est natif de Reims, il étudie à Paris dès 1165, loué par beaucoup d'écrivains du XIIe et du XIIIe siècle, il compose l'Aurora, ou Bible en vers, qui connait une fortune considérable si l'on en croit les plus de 470 copies manuscrites conservées à ce jour.
Ce poème est donc une réécriture abrégée et versifiée de la plupart des livres biblique : les cinq livres du Pentateuque, Josue, Juges, Ruth, Rois (I-IV), Tobit, Daniel, Judith, Esther, le Cantique des Cantique, Job, Macchabées, les Évangiles, la « Récapitulations » et les Actes des Apôtres. Cette série est ici augmentée (f. 200-206), comme dans une trentaine d'autres copies du texte, du poème intitulé "Treni Ieremiae" et "Lamentationes Lamentationum", sur les Lamentations de Jérémie, mais dont on sait désormais qu'il n'est par de Pierre ni de Gilles de Paris, qui, entre 1200-1208, donnera deux éditions corrigées et augmentées de l'ouvrage de Pierre.

Sur les f. 3v-4, une main plus tardive (XIVe ou XVe siècle ?) a noté la musique de l'antienne tirée des versets 7 du Psaume 111 : "In memoria aeterna erit iustus, ab auditione mala non timebit" ; généralement chantée lors des messes de Requiem.

DÉCOR
Ce volume est élégamment décoré de plusieurs niveaux de lettres ornées :
_Chaque début de livre biblique est marqué par une initiale peinte sur fond d'or bruni (21 en tout), agrémentée de rinceaux habitées essentiellement de serpents, parfois avec une tête humaine (f. 1v.), mais aussi parfois d’autres animaux (poissons f. 72), oiseaux (f. 142), et de petites têtes de canidés ou de lions. Le corps de la lettre est alternativement bleu ou veux-rose, rehaussé de motifs géométriques ou de festons blancs, et les extrémités des hastes, des hampes et des rinceaux se terminent le plus souvent par une demie palmette dont le cerne noir est rehaussé d'un grènetis blanc ou d'une ligne de petits cils blancs.
Le style de ces lettres à grènetis blanc est caractéristique de la production de la seconde moitié du XIIIe siècle (voir Saint-Omer, mss 36, 210, ) est proche de de l'enluminure cambraisienne des années 1270, et plus particulièrement de l'atelier du Maître du Pontifical de Cambrai (Tolède, Cathédrale, ms. 56. 19, voir Stones, 2013, cat. III-49, ill. 504-509), et en particulier du premier assistant du maître principal identifié par Alison Stones.
_Le second prologue (f. 3) s'ouvre sur une grande initiale I, émenchée et filigranée, sur toute la hauteur de la page, dont les palmettes sommitales sont agrémentées d'un motif en forme de grappe de raisin.
_Les autres principales divisions du texte sont marques par de petites lettres de couleur alternativement rouges et bleues, souvent de filigranées

RELIURE
Refaite au XVIIe siècle : basane brune jaspée, dos à 4 nerfs, palettes dorées sur les nerfs, caissons fleuronnés, titre doré "P. RIGIR AVRORA"

PROVENANCE
Ex-libris armorié de l'abbé Mommelin Le Riche sur le contreplat sup.(f. 1r)
ancienne cote de Saint-Bertin.
On trouve aussi la mention « Joannes Grenet me possidet », sur le premier feuillet. Jean Grenet, natif de Béthune et fils de Pierre Grenet, écuyer, fut sous-prieur puis prieur de l'abbaye de Saint-Bertin ; il mourut le 25 décembre 1615. Il était moine de l'abbaye depuis 1555. On trouve aussi, sur le même feuillet, la mention « Vedastus », peut-être en référence à Vaast Grenet, frère de Jean Grenet, et abbé de Saint-Bertin de 1580 à 1603
Enfin, toujours sur le premier feuillet, on trouve aussi la mention « Petri Rige, clerici Remensis, Aurora. G. De Whitte, 1615 ». Guillaume De Whitte, fut moine et historiographe de Saint-Bertin.
Un autre main, mais posisblement celle de de Whitte, a ajouter une inscription sur le dernier feuillet : "Petitio sodalis ad P. Riga[m]... 1631".

BIBLIOGRAPHIE
_Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), «Notice de Saint-Omer, Bibliothèque d'agglomération de Saint-Omer, 370», dans Stutzmann Dominique (dir.), Saint-Bertin : centre culturel du VIIe au XVIIIe siècle, 2016. Consultation du 04/06/2019.

_Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), "Notice de Aurora, Petrus Riga (11..-1209)", dans Pascale Bourgain, Dominique Stutzmann, FAMA : Œuvres latines médiévales à succès, 2018. Consultation du 04/06/2019.

Auteur
Petrus Riga (v. 1140 – 1209)
Contributeur
Mommelin le Riche (abbé de Saint-Bertin, 1706-1723)
Vaast de Grenet, abbé de Saint-Bertin (1580-1603)
Jean Grenet, prieur de Saint-Bertin (-157.1615)
Guillaume de Whitte, moie et historiographe de saint-Bertin (16..-1640)
Cote / N° Inv.
Ms. 370
Provenance
Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer)
Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer) > Mommelin le Riche (abbé de Saint-Bertin, 1706-1723)
Cote ancienne
349 (Saint-Bertin)
Période
13e siècle
Date
1270
Date de fin
1280
Type
Manuscrit
Type de document
Manuscrit
Enluminure
Ex-libris
Collection
Manuscrits
Manuscrits > Abbaye de Saint-Bertin (Saint-Omer)
Lieu de conservation
Bibliothèque de l’Agglomération du Pays de Saint-Omer
Droits
Numérisé par l’IRHT et financé par l’Équipex BIBLISSIMA - observatoire du patrimoine écrit du Moyen Âge et de la Renaissance

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